lundi 30 avril 2012

Le Devoir accompli

Je suis pieds nus, en pyjama. Je jette le gros livre par terre. Je le piétine, je monte dessus, je saute, mes talons frappent le livre, violemment. Au bout de quelques secondes, des phrases commencent à s'échapper des pages, d'abord furtivement, puis sans complexe, en désordre, elles glissent à terre, roulant les unes sur les autres, sans aucun ménagement. Je les vois qui disparaissent sous le tapis, qui frémit, qui est soulevé par endroits d'une sorte de houle, tout s'accélère, je manque de tomber à la renverse, et bientôt un grand silence s'installe… Ce qui était il y a quelques instants un fort volume de plus de mille pages n'est plus maintenant qu'une mince couverture froissée et sale à ras du sol. Vingt siècles d'histoires, de légendes, de poésie, des centaines et des centaines de noms propres, de généalogies, des milliers de récits, il a suffi de quelques secondes de rage pour que tout cela ne soit plus rien, n'ait même jamais existé. 

Quand je pense que certains redoutaient cela !

On est tranquille désormais. On va pouvoir tout recommencer, calmement, de zéro, sans ce fardeau de la culture, de la religion, de la morale, des traditions. Le rêve de toute une génération, je l'ai réalisé. Cet immense service rendu aux hommes, j'ai allumé la télé, et j'ai regardé 24h chrono

Survivre

Ils sont infaillibles. Au moindre signe de fatigue ou de vulnérabilité, ils accentuent leur pression, ils deviennent gonflants, arrogants, ils ne vous laissent plus finir vos phrases, vous coupent, lèvent les yeux au ciel, regardent leur montre, vous contredisent sur n'importe quoi, vous font comprendre qu'ils ont bouclé leur dossier sur votre compte. On devine leur plan : il faudrait que la Bête sur laquelle ils vivent finisse par croire qu'elle est elle-même le Parasite de ses Parasites, qu'elle se sente en dette par rapport à eux, alors que, sans cesse, ils la pillent et la pompent. Pousser la Bête à en finir ? La liquider ? Lui grouiller dessus ? Sans doute. Il arrive un moment où les Parasites ont envie de changer de Bête, d'en prendre une plus jeune, plus active, plus naïve. Le plus économique serait de pousser la Bête au suicide. Ils s'y emploient. Elle était bien Belle, cette Bête, mais un peu usée, après tout.
Y a-t-il des pilules ou des vaccins anti-Parasites ? C'est toute la question. La Bête, qui n'est pas si bête, peut avoir conscience de sa situation, et trouver étrange ces pertes d'énergie, ces ralentissements, ces abattements sans raison, ces oublis, ces confusions, ces vertiges. Quelle attitude adopter ? Surtout, ne pas consulter : les médecins, en général, sont au service des Parasites. Non, silence, absence de réaction, inertie,  écart, rupture, et surtout exercices de mémoire intenses, puisque les Parasites inoculent l'effacement des preuves comme la falsification des faits. Les Parasites ont la loi pour eux, alors que la Bête est là en surplus, par hasard, et sa solitude le prouve. 
(…)
« Ce n'est pas à la lutte mais à la joie que je finirai par succomber. » 

 À lire en écoutant les Collines d'Anacapri, de Debussy.

dimanche 29 avril 2012

Poésie sur Web, Georges et Sand


Ca m'eût l'air de passer votre publicité prise au vif, puis je m'y suis concentrée au plus près, j'aurais pu choisir autorisée comme verbe mais il me semble que Monsieur Hollande l'utilise déjà bien assez en évoquant délicieusement le parti du Front National. Contenu contenant tiens tiens tiens, ne serait-ce pas un changement de peau ? ô la belle mue que voilà mon poussin répondrait le vilain coquin ! Votre petite histoire me rappelle le bon Michel Houellebecq avec sa carte et ses territoires tirant au flanc du grand prix plagiant, et de surcroît, avec une telle publicité non seulement un malheureux bonhomme mais aussi toute la crème télévisuelle..Remarquez, c'est une bien bonne idée, le deux en un, ça fait journal intime tout en ne se mouillant pas d'un poil et sans se créer trop d'emmerdements, quoi que... faut le dire vite ! Lamentable..
… ni le jardin de son éclat.

Mon Camp

Je m'apprête à acheter et à lire le Camp des saints, de Jean Raspail. Je l'annonce sur ce blog pour qu'on sache bien à quel point Georges est un être immonde, abject, dangereux, vicieux, ignoble, nauséabond, et j'en passe, qu'il conviendrait de rééduquer fermement si l'on se trouvait dans un régime autoritaire et/ou fasciste. Heureusement, comme nous vivons à l'heure de La Très Grande Liberté, comme la société qui est la nôtre est ouverte et tolérante, qu'elle aime l'étranger (et l'étrange) et ce qui ne lui ressemble pas (donc), comme il est aujourd'hui loisible de trouver en librairie tout ce que l'on souhaite lire, et même beaucoup plus, comme les écrivains peuvent désormais écrire comme bon leur semble tout ce qui leur passe par la tête — même des fictions ! —, comme un écrivain de talent n'a aucun mal à trouver un éditeur, même si ce qu'il écrit n'est pas en accord avec les idées politiques de l'éditeur ou avec celles qui dominent à l'époque où il écrit, non seulement je ne risque rien, mais il ne m'étonnerait qu'à moitié de recevoir une invitation à dîner de l'Élysée ou de François Hollande, voire de Christine Angot, afin que j'explique une bonne fois pour toutes à ces augustes personnages comment il faut s'y prendre pour connaître le vrai succès après lequel ils courent en vain, alors que je tente par tous les moyens de m'en préserver. Si l'invitation provient d'Ahmad Jamal, je l'accepte aussi…

Pour l'instant, n'ayant pas encore eu l'occasion de visiter le camp des saints, je me contente du camp des seins.

C'est vrai que…

Le premier panneau indiquait que j'étais sur l'autoroute. Le deuxième panneau me prévenait que je traversais une zone où la garrigue était chez elle. Je constatai de visu qu'il en était bien ainsi. Le troisième panneau m'informait qu'il pleuvait. Le quatrième que je devais rouler à droite. Le cinquième me donnait l'heure et me rappelait qu'il pleuvait toujours. Le sixième panneau tenait à me faire savoir que nous étions en France, et que je roulais de jour. Un peu plus tard, un autre panneau m'informa qu'il faisait nuit, qu'il fallait continuer de rouler à droite, éclairer mes feux de croisement, et que je me trouvais toujours en France. Quelques kilomètres plus loin, on me disait à nouveau que j'étais bien sur une autoroute. Je commençais à m'assoupir lorsqu'un panneau déclara qu'il valait mieux être éveillé pour conduire. Arrivé enfin à destination, la centrale de la maison, après m'avoir souhaité le bonjour et m'avoir informé que j'étais bien chez moi, affirma que l'eau chaude pouvait provoquer des brûlures et qu'il valait mieux se munir d'un parapluie, si l'on décidait de sortir durant une averse. J'allais me faire un café lorsque la cafetière émit une alerte : "Attention ! Ne plongez pas la cafetière dans l'eau pour la nettoyer, si vous ne l'avez pas débranchée du courant électrique !" Je décidai de me faire couler un bain et j'entendis le message suivant : "Lorsque le niveau d'eau souhaité est atteint, il faut ne pas oublier de fermer les robinets, vous risquez sinon une inondation ! Trempez votre main dans l'eau, AVANT d'entrer dans la baignoire, afin de vérifier que l'eau n'est pas trop chaude !" J'allais allumer une cigarette, lorsque me revint en mémoire l'information délivrée douze fois par jour par tous les canaux privés et publics, selon laquelle : "Fumer tue !" N'ayant aucune velléité de meurtre, ni sur ma personne ni sur aucune autre, je remis la cigarette dans le paquet, heureux d'avoir échappé à la mort. Ce n'est pas encore pour cette fois-ci, me dis-je, in petto. 

(…)


J'étais en train de plus ou moins m'endormir dans mon bain, lorsqu'une voix suave me susurra, mezzo-voce : "Il ne suffit pas d'aller voter, pour être un bon citoyen, encore faut-il BIEN voter !" Je sus immédiatement que cette annonce était subversive, car elle ne précisait pas COMMENT on devait voter pour BIEN voter. Je m'autorisai alors une cigarette. La dernière.

lundi 23 avril 2012

Les Correcteurs

J'étais étonné qu’il pût y avoir encore des correcteurs au Monde, étant donné l’état grammatical et stylistique du journal, mais apparemment leur fonction consiste à ajouter des fautes d’orthographe aux textes qu’on leur envoie (sur demande de la rédaction). Ainsi j'avais écrit : « Il est attaché à la culture et à la civilisation françaises, qu’il estime compter parmi les plus précieuses qu’ait élaborées l’humanité », et la phrase, après correction rédactionnelle, est devenue : « Il est attaché à la culture et à la civilisation françaises, qu’il estime compter parmi les plus précieuses qu’ait élaboré l’humanité » (faute que bien entendu certains commentateurs se font un plaisir de m’attribuer).
Ce n'est pas qu'on soit surpris, bien entendu. Mais il fallait tout de même en profiter pour souligner une des spécialités de notre époque si généreuse en bouffonneries de tous ordres : celle qui consiste à retourner le sens des mots, et quand ce n'est pas le sens des mots, c'est celui des fonctions, des utilités, des catégories. Ainsi, comme l'écrit Renaud Camus dans le message que je cite plus haut, les correcteurs, dorénavant, ajoutent des fautes aux textes qui n'en contiennent pas assez, et qui sont en cela (ces textes) une injure à l'esprit d'égalité si cher à notre temps, cet esprit que je nommerais volontiers l'égagalité si j'avais le goût des néologismes. Si tant de gens aujourd'hui ne savent plus écrire une phrase en français, il est en conséquence insupportable, révoltant, antidémocratique, discriminatoire, stigmatisant, quasi fasciste pour tout dire, que certains continuent à vouloir écrire "normalement" (je suis ici condamné aux guillemets, faute de pouvoir sinon me faire comprendre). J'écoutais hier-soir une brave dame, directrice de France 5 (rien que ça), si j'ai bien compris (et il faut bien mesurer ce que représente "France 5", regardée (écoutée, j'espère que non…) dans le monde entier), qui jubilait littéralement à l'idée de "bousculer la langue française" (je mets des guillemets, là encore, bien conscient qu'ils ne peuvent suffire à contenir l'effroyable imbécilité qu'exsudent ce syntagme et ceux qui l'emploient, qu'ils ne peuvent nous prémunir de cette sensation que nous sommes éclaboussés, salis par cette bêtise qui passe à portée de voix) et qui se réjouissait que "la francophonie et la langue française n'appartiennent pas aux Français" (rien que cette proposition provoquait chez elle un début d'orgasme, c'était patent). 

La correction, voilà bien une idée intéressante, qui a fait du chemin. Depuis que la political correctness vient nous mordre les mollets jusque dans la chambre à coucher, le terme a eu tout le temps de mûrir, et même de pourrir sur place. Il dégage désormais une odeur si pestilentielle qu'il faut un peuple de sourds anosmiques et agueusiques pour supporter le bruit, la fragrance et le goût du vocabulaire contemporain (ne parlons même pas de la syntaxe et du style). Il serait étonnant qu'il en aille autrement, d'ailleurs, parmi une population qui a fait de nauséabond un de ses adjectifs préférés : selon la règle implicite et inflexible qui a cours désormais, le renversement, il est parfaitement logique que ceux qui se plaignent des odeurs qu'ils croient percevoir en tous lieux et tous discours aient le nez bouché par défaut et par principe. 

Les modernes ne supportent pas que les mots disent ce qu'ils veulent dire. Cet excès d'autonomie leur est insupportable. Les mots doivent obéir à la politique, à la morale, à la majorité, aux mamans, aux bambins, ils doivent constamment se plier aux règles du vivre ensemble, ils doivent être citoyens, sympas, ouverts, les mots font partie d'une langue qui ne s'appartient plus, qui est la propriété de tous, du rappeur jusqu'au nouveau né, et l'on peut compter sur nos modernes pour lui rappeler à chaque instant, à la langue, qu'elle leur appartient, que non seulement ils ont des droits sur elle, mais qu'ils peuvent lui faire ce qu'ils veulent avec une totale impunité, et même avec la totale approbation de tous les pouvoirs réels. Un mari qui "viole" sa femme peut faire vingt ans de prison, mais celui qui torture la langue voit s'ouvrir toutes les places, et tous les honneurs lui sont acquis par principe. Un merdeux de six ans peut parfaitement être crédité d'une réelle autonomie, mais une langue, notre langue, qui a mis des siècles à se forger, et à laquelle de grands génies ont prêté leur concours, elle, est traitée comme un sac en plastique dont on change chaque matin. Voilà le sens réel du mot "correction".

Consigne de vote pour le deuxième trou

J'crois qu'c'est clair.

dimanche 22 avril 2012

Bilan globalement positif

Je ne sais pas pourquoi on a supprimé l'élection présidentielle, et le droit de vote dans la foulée, j'aimais bien aller voter, autrefois. D'un autre côté, on évite désormais les soirées télé assommantes qui nous privaient du film du dimanche soir, je suis donc loin de m'en plaindre. Évidemment, on avait le droit, dans l'ancien temps, de tenir un blog, d'aller à la messe, de fumer et de regarder les filles dans la rue, mais il faut se faire une raison : si tout cela est désormais interdit, c'est bien que ce n'était pas très sain. Le pays avait besoin d'une bonne reprise en main, nous le sentions tous ! Depuis que les églises ont été transformées en centres de rééducation, les Français ont l'occasion de découvrir leur patrimoine culturel, c'est tout de même mieux que de traîner sur Internet à la recherche d'un bon ou d'un mauvais coup. Je trouve personnellement que l'appel à la prière se fait un peu tôt le matin, mais à quelque chose malheur est bon, je me couche plus tôt dorénavant, et, surtout, une fois que le rythme est pris, on se sent l'âme plus légère, on est moins tenaillé par des désirs idiots et incohérents qui sont nuisibles au corps et à l'esprit. Il me semble que le bilan est globalement positif. 

mercredi 18 avril 2012

Le Point Georges


La première fois que nous avons fait l'amour, ça s'est bien passé. Le deuxième fois, ça s'est bien passé aussi. La troisième fois, ça s'est très bien passé. La quatrième fois, rien à dire, c'était bien. La cinquième fois m'a semblé parfaite. La sixième était vraiment pas mal du tout. La septième s'est passée comme dans un rêve. C'est à partir de la huitième fois que j'ai commencé à me poser des questions. Rien n'était à sa place. Je n'arrivais pas à mettre la main dessus, et j'avais quelques raideurs. Le neuvième fois a été une véritable épreuve : comme il n'y avait pas de miroir dans la chambre, je ne pouvais pas vérifier, mais l'idée que j'étais elle et qu'elle était moi ne me quittait pas. Idée idiote, me direz-vous. Bien sûr, mais dans ces moments-là, nous n'avons pas le recul nécessaire pour nous traiter d'idiots lorsqu'on nous avons, par exemple, la sensation d'être pénétrés. J'aurais voulu trouver une position, une opération, me permettant de confirmer ou d'infirmer mes sensations, mais mon esprit semblait ne plus m'appartenir. J'entendis même ces mots : "Prends-moi !", alors que ma bouche se mettait en mouvement, de la manière exacte qu'elle aurait eu de le faire si d'aventure elle avait voulu prononcer cet ordre. Je la regardais, mais comme elle était tournée, je ne pus voir sa bouche. Évidemment, il se pourrait que j'aie doublé vocalement mon amante, ou mieux, il est possible que nous ayons été tellement proches que j'aie pensé à l'unisson d'elle, prononçant les mots qu'elle ne faisait que formuler intérieurement, que j'en aie devancé la matérialisation sonore. Plus je voulais m'abstraire du faire pour m'engager dans le penser, plus mon corps (je dis mon corps pour ne pas compliquer inutilement l'histoire) semblait s'imposer avec une force inouïe, et inouïe est bien le mot juste, puisque je ne lui connaissais pas cette musique, ni ces gestes, ni ces réactions, ni ces sensations.

Quoi qu'il en soit, que j'aie été elle, qu'elle ait été moi, que nous n'ayons fait qu'un, ou que tout cela n'ait été qu'une fantaisie de mon esprit, il arriva ce qui devait arriver : elle (il ?) éjacula. Rien de plus normal, diront certains, qui croient connaître ces choses. Sans doute. Mais l'éjaculat en question, là se trouvait le prodige ! Le flot, rapidement, inonda le sol de la chambre, et, le niveau montant à une vitesse invraisemblable, le lit se mit à flotter, une houle se forma, d'abord sous-marine seulement, indécise, puis furieuse et écumeuse. L'onde montait toujours, arrivant maintenant au sommet de la bibliothèque, qui perdait ses volumes, petits ou gros navires soudain livrés à eux-mêmes, jetés dans un élément qu'ils ne connaissaient pas, nous cognant les tempes, les genoux et les coudes, Aristote semblant nager mieux que Chateaubriand mais pour peu de temps car une lourde Bible lui assénait un coup fatal, avant de s'ouvrir comme un éventail flou et de couler à pic, elle aussi, sur l'ongle incarné du pied de ma dulcinée qui poussait un hurlement cocasse à cause du fluide translucide qui s'engouffrait dans ses bronches. Quand la marée atteignit le plafond, il y eut un court-circuit, à cause de l'ampoule qui était allumée, et nous nous retrouvâmes dans une obscurité si profonde que je me mis à douter de mon existence même.

Alors, un calme immense s'empara de moi, un rythme simple, binaire, régulier et apaisant vint à mes oreilles. Je sus alors de manière certaine que je n'étais pas encore né, et qu'il allait bientôt falloir affronter bien pire que ce que je venais de croire vivre. Je décidai alors de passer mon tour.

mercredi 11 avril 2012

Le Passage


Je vous salue, Marie pleine de grâces ;

le Seigneur est avec vous.

Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus,

le fruit de vos entrailles, est béni.

Sainte Marie, Mère de Dieu,

priez pour nous pauvres pécheurs,

maintenant et à l'heure de notre mort.


Amen

dimanche 1 avril 2012

Cacher


En préparant mon exposition de Bruxelles, je réalise une chose que je sais depuis toujours, sans parvenir à en tirer les conséquences : il est infiniment plus facile de cacher que de montrer, il est toujours plus facile de faire compliqué que de faire simple. Je n'ai jamais eu peur de jouer une pièce compliquée de Brahms, en revanche, une sonate de Mozart peut me terrifier. Ajouter est une erreur nécessaire. Quand les années viennent à manquer, on n'a plus le temps de chercher, il faut trouver.