dimanche 15 mars 2009

Deux croissants


Pour fêter ça, je dis à Luna : « Allez, viens, on va s'acheter deux croissants à la boulangerie. »

Tu parles ! Il est neuf heures (du matin) et « les croissants y seront prêts qu'à dix heures. » Dix heures ! Dix heures du matin, pour une boulangerie ! Non mais vraiment, le monde est bien foutu, kaput complet, naze de chez naze. Dix heures pour avoir des croissants dans une boulangerie, alors que du temps de ma jeunesse, on se pointait à six heures, et même parfois avant, et on les avait, nos croissants, bordel de Dieu ! Mais qu'est-ce qui foutent, ces cons de boulangers, le matin, ils dorment ?

Il a fallu se contenter d'une baguette, aussi appétissante, la baguette, qu'un boudin enfourné dans un survêtement orange. Molle et trop salée, avec de la mie comme de la blédine mal cuite, la baguette.

Et la boulangère, pas plus de vingt-cinq ans, fagotée comme l'as de pique, un niard salopé dans ses bras, et une sale môme pieds nus et en guenilles qui mange un gâteau à neuf heures du matin !

Saloperie d'époque !